Accueil
Galeries
Aventure
Contes
Contact

Kouika et le ballon de foot

Kouika était africain. Il était noir comme l'ébène, mais beau comme un dieu. Il avait dix ans et vivait avec sa famille dans un petit village du nom de Galou. Le lendemain serait son anniversaire, et il était tout excité. Il aimait ce pays où il était né, mais parfois rêvait de connaître le monde extérieur. Leur maison était une cabane, faite de branchages, et si petite qu'ils se bousculaient tout le temps. Pourtant il était heureux malgré le peu de place dont il disposait. Sa famille, se composait de son papa, de sa maman, de ses trois frères et sœurs, de son oncle et de ses grands-parents. Ils vivaient si serrés qu'il avait l'impression d'être en prison, malgré leur amour. Aucune intimité, aucun endroit où s'isoler. Alors Kouika s'échappait dans ses rêveries, lorsqu'il s'endormait. Sa couche était le seul endroit à lui, où tout lui était permis. C'était la maison de ses rêves, qui le transportait dans le merveilleux et qui le comblait de bonheur. Ce soir là, comme d'habitude il s'endormit près de son frère. Malgré l'exiguité de la chambre et la promiscuité de ses frères Kouika s'assoupit et voilà l'histoire formidable d'une nuit :

Son grand-père lui avait acheté un ballon de foot pour ses 11 ans. Kouika n'avait jamais eu de ballon et ce cadeau était le plus merveilleux des présents. Le petit garçon tous les jours partait dans le champ derrière et jouait. Il s'était fabriqué des buts avec des branches d'arbres. Son installation était si sommaire qu'à chaque fois que le ballon la touchait, elle vacillait et tombait. Mais kouika ne prêtait aucune importance à ces petits détails. La seule chose qui lui importait était de courir après son ballon. Naima, sa mère devait l'appeler pour le repas chaque soir, et Djala, son père se fâchait car il était toujours en retard. Mais kouika, le lendemain, repartait avec son ballon. Un jour qu'il était très absorbé, il ne vit pas l'enfant qui s'approchait du terrain où il jouait. Il s'appelait Moulou. Curieux, il demanda à Kouika, qu'elle était cet objet avec lequel il jouait. Kouika amusé, de son ignorance, lui répondit que c'était un ballon que son grand-père lui avait offert.
- pourquoi tapes-tu dedans avec le pied ?
- parce ce que c'est de cette façon que l'on joue au football, lui répondit Kouika.
- J'aimerai bien jouer avec toi, si tu es d'accord, lui rétorqua Moulou.
- D'accord, je vais te faire voir. Si tu as des copains qui veulent aussi venir jouer, ils seront les bienvenus. Et les deux garçons se mirent à s'amuser ensemble, courant derrière le ballon, tombant, se bousculant, mais heureux de devenir des amis. Le lendemain, Moulou revint avec deux de ses copains, et eux aussi, acceptèrent de jouer avec eux. Les jours suivants d'autres petits noirs vinrent se joindre à leur groupe. Le papa de Kouika, n'avait jamais vu autant d'enfants de sa vie. Mais il ne se fâcha pas, car il voyait bien que son fils était heureux. Un soir Kouika lui dit :
- Papa il nous faut quelqu'un pour nous entraîner. Pourquoi ne le ferais tu pas.
- Mais, voyons Kouika, je ne sais pas jouer au football, que veux tu que je t'apprennes ?
Djala vit une larme couler sur le visage de son fils et lui promit de faire l'impossible pour trouver quelqu'un qui serait capable de leur apprendre le foot. En attendant Kouika et ses amis ne se lassaient pas de s'amuser. Ce ballon était devenu pour eux leur mascotte. Il représentait la liberté et l'aventure qu'ils n'avaient jamais connus. Il représentait le chant de leur cœur. Malgré, ses efforts, Djala ne trouva personne désirant s'occuper des enfants. Tous les gens qui vivaient à proximité étaient des paysans. Leurs soucis n'étaient pas d'entraîner une poignée de mômes, mais plutôt quel serait le temps du lendemain, ou si leur récolte serait bonne. Alors Djala, face à ces regards éplorés qui le fixaient, décida de s'occuper des enfants. Il n'aurait jamais cru qu'il serait aussi heureux de se consacrer à tous ces enfants. Il découvrait des horiz mons qui lui étaient inconnus. Et c'est ainsi que Djala devint l'entraîneur de football et que Kouika se réveilla au petit matin.

Il s'habilla pour aller déjeuner, se souvenant avec délice de ce rêve merveilleux qu'il avait fait. Il se rappela aussi que ce jour là, c'était son anniversaire. Qu'aurait il encore cette année ? Il savait que sa famille était pauvre, et seul l'amour qu'elle lui portait suffisait à le rendre heureux. Arrivé, dans la petite pièce qui leur servait de cuisine, il entendit : " Joyeux anniversaire, Kouika, joyeux anniversaire Kouika ". Et Kouika les yeux éberlués, vit posé sur la table un magnifique ballon de football. Il croisa le regard de son grand-père et sut que c'était lui qui le lui avait offert. Des larmes de bonheur coulèrent sur son visage. Il savait maintenant que son rêve n'était pas vain. Et qui sait, peut-être que son papa voudrait bien devenir son entraîneur…
Si vous voulez le savoir, revenez lire les aventures de Kouika.

Martine SALE le 23 septembre 2001