Poèmes de Martine Salé

Mon bonhomme aime à parler
De son Aurélie
Qu'il a connue en colonie
J'ai beau lui dire qu'elle l'a oublié
Lui ne peut s'en séparer
Il nous a même avoué
Avec elle s'être embrassés
Avec son petit air coquin
Et son petit sourire en coin
De temps en temps à lui écrire il se met
Mais le courrier n'est jamais posté
Il est tellement mignon
Quand il prononce son nom
De le voir tout heureux
On en rigole un peu
Mais son coeur en est plein
Pour lui ce n'est pas un petit rien
Maintenant elle n'est sûrement qu'une image
Qui tout doucement s'efface
Il ne reste que "Aurélie" son nom
Qui à ses oreilles sonne
Comme une envolée
De fleurs prêtes à s'éparpiller

Nos draps se souviennent de nos pleurs
De mes larmes de bonheur
J'étais, là, contre toi
Au fond de tes bras
Je sentais ton corps chaud
Tout contre ma peau
Tes mains savaient caresser
Mes petits coins secrets
Et maintenant, nos draps connaissent
Mes larmes de détresse
Mes larmes de tristesse
De ne plus t'avoir à mes cotés
Dans ce grand lit qui parfois m'éffraie
J'ai souvent si froid
D'être seule, sans toi
Toi qui pendant si longtemps
A été le meilleur des amants

Ils sont allés sur le toît du monde
Ils sont partis vers l'Everest
Montagne, belle et gigantesque
Ils étaient pleins d'espoir
De faire cette ascension, en mémoire
De leurs amis, jamais rentrés
Qui se sont laissés
Par cette montagne, emporter
Ils partaient vers leur destin
Ne sachant pas ce que serait demain
Ils y ont laissé leur coeur
Ils y ont laissé leurs pleurs
Des jours de souffrance
Qu'ils vécurent en silence
Mais quand ils arrivèrent au sommet
Et qu'ils purent tout dominer
Ils laissèrent leurs larmes couler
Heureux d'y être arrivés

Mon âme torturée
Par d'horribles démons
Ne peut trouver la paix
Et refuse le pardon
Sans fin, elle erre, dans des couloirs
Sans portes, ni miroirs
Des murs, des cloisons
L'enferment et l'emprisonnent
Elle a été violée
Par un monstre, qui a tué
Celui qu'elle aimait
Il est parti vers l'infinité
Vers les nuages, il s'est envolé
Alors elle tente de trouver
Le chemin de la liberté
Et tend la main
À tous ceux, qui voudront l'aimer
À tous ceux, qui voudront l'aider
Elle crie, elle supplie
Et demande justice
Pour ce qu'elle et sa famille
Ont subi

Les deux enfants sont cachés
Au fond du grenier
Ils savent qu'aujourd'hui
Ils vont braver l'interdit
Face à face, nus
Ils se regardent, avec retenue
Leurs yeux se découvrent
Tremblotants, hésitants
Leurs mains se touchent
Se frôlent, comme un chant
D'oiseaux, permanent
Un feu brûlant
S'empare de leurs corps
Leurs doigts osent
Et explorent
Une peau tout juste ferme
Ils se rapprochent, encore
Se sentant plus grands, plus forts
Leurs lèvres se murmurent
Des mots tout juste connus
Ils découvrent ensemble, les prémisses
D'un grand feu d'artifice
Ils en oublient leurs jeux d'enfants
Pour devenir des amants

 

Toujours en partance
Vers le village de mon enfance
Aux senteurs anciennes
Auxquelles mes sens s'éveillent
J'aime à y revenir
Y remplir mon âme encore ivre

Le maïs, la luzerne, le foin
Toutes ces odeurs
Qui de moi sont loin
Mais qui emplissent mon coeur

Vie paysanne qui m'a tout donné
A forgé mon âme
Dans l'amour et le respect

L'argent souvent, manquait
Mais l'amour, jamais
Autour de la table assis
Dans nos coeurs réunis

J'aime à me retrouver dans mon village
Sans âge
Mais qui est la naissance
De ma famille et de mon essence.


Il lui fait l'amour
l'âme poète
assouvissant son corps, de vers
des mots de ses lèvres coquines
se sont évadés
caressant sa peau sybilline
son regard uligineux de désir
glissait sur sa chair sucrée
gouttant les saveurs d'une lèvre humide
s'offrant à sa bouche gourmande
il lui fait l'amour l'âme poète
au milieu d'une rivière lande

17/06/2002


Hommes et femmes dérisoires
Vous ne pouvez que choir
Dans le labyrinthe de votre innocence
le sérieux est votre défaillance

Hommes et femmes insipides
Vous avez l'âme vieillissante
Remplie de rides
Qui vous rend ignorants

Hommes et femmes ridicules
Assis sur des monticules
De bêtises et de conneries
Vous êtes une hérésie

Hommes et femmes sans fierté
Vous grignotez l'écorce de votre vanité
Qui vous laisse dénudé
De toute dignité

Hommes et femmes de science
Vous qui parfois vivez sans conscience
On vous supplie de vous arrêter
De ne plus vous égarer

Alors gardez vous
De me rencontrer un jour
Car vous êtes mes entités
Et je vous désavoue

Il est loin, mon poète
Mon cœur l'appelle, en vain
Au firmament du jour
Mes lèvres espèrent
Une vague d'amour
Déposant mes baisers,
Sur la main
D'un marin
Mon aède attend
Au ponton du levant
Le souffle d'une étreinte
Arrimée à sa chair
Gouttant l'envoûtement
D'une néréide, amante
Mon aède attend
Au ponton du levant
Le vol du goéland
Qui d'une effluve de mer
Composera les vers
D'un poème d'amour
Au son du troubadour

14/07/2002